David : Mannequin à Séoul

Pour mon premier « portrait », j’ai choisi d’interviewer David, alias FrenchiHoya, qui est mannequin à Séoul depuis quelques années.

Certains d’entre-vous le connaissent peut-être déjà, puisque David est un ami avec lequel j’ai fait plusieurs tournages lorsque je vivais encore à Séoul, notamment pour Arirang TV en 2015 (11:24).

Retour sur le parcours d’un vrai passionné qui n’a pas la langue dans sa poche!

Tout d’abord, peux-tu te présenter brièvement pour ceux qui ne te connaissent pas encore.

Alors, allons-y pour mon mini curriculum ! Je m’appelle David, j’ai 26 ans et je suis actuellement modèle free-lance à Séoul. J’ai un DU de coréen obtenu à l’université Paris 7. J’ai également une première année de licence de droit validée, mais laissée en suspend pour le moment.

Je suis arrivé en Corée pour la première fois en juillet 2013 et, à cette époque, j’avais un niveau de coréen débutant, voir très débutant, avec une très faible compétence à l’oral. Aujourd’hui, je le parle couramment.

Peux-tu rappeler à mes lecteurs comment nous nous sommes rencontrés ?

Bien entendu car c’était un excellent souvenir pour moi! Nous nous sommes rencontrés durant le Kweb fest 2015, une cérémonie qui récompense les web-séries coréennes et internationales. Durant l’événement, nous avons eu la chance de nous croiser et de très vite faire connaissance et sympathiser. Voilà comment tout à commencé 🙂

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Avec le groupe ROMEO au Kweb fest 2015

J’aimerai remonter un peu aux origines de cette passion pour la Corée. Comment tout à commencé?

Je ne pourrai pas situer ça de manière exacte, mais je peux expliquer ce qui m’a fait rencontrer cette culture pour la première fois. Quand j’avais environ 14 ans, je me souviens avoir lu un livre qui parlait de l’Asie. Ce qui avait éveillé ma curiosité c’était cette histoire de séparation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud qui m’avait rappelé celle des deux Allemagnes. Suite à la lecture de ce livre, j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de la Corée de plus près. Pourtant, ce n’est pas directement suite à cela que j’ai développé ma passion pour ce pays. Mes études ayant pris une grosse part de ma vie, j’ai laissé de coté la Corée durant quelques années. C’est un peu plus tard,  lorsque je suis allé à l’université et que certaines de mes amies ont commencé à me mettre de la Kpop dans les oreilles (ouh les méchantes!), que ma curiosité pour ce pays est revenue. C’est à ce moment-là ma passion est réellement née !

As-tu un attrait pour d’autres pays asiatiques ou est-ce que c’est la Corée elle-même qui t’a séduite en particulier?

Oui, les autres pays asiatiques m’attirent aussi. Un peu moins que la Corée certes, mais je trouve chaque pays fascinant, pour sa culture, ses paysages, sa gastronomie ou même tout simplement sa langue !

Dirais-tu que la Corée du Sud te « ressemble »? En quoi t’es-tu retrouvé en elle?

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, la Corée et moi n’avons pas tant de point communs que cela. Malgré tout, je m’y sens très à l’aise. Le premier aspect de ce pays qui me retient, c’est la sécurité. Se balader dans la rue avec un smartphone ou une tablette à la main, le sortir sans crainte dans le métro… c’est un « luxe » pour moi ! Quand je vivais à Paris, j’étais beaucoup moins tranquille et toujours une main sur mes affaires (surtout suite au vol de mon téléphone durant ma première année là bas. J’ai tout de suite été mis dans l’ambiance…)

Autre point qui m’a rapidement séduit : la Corée (et plus particulièrement Séoul) vit la nuit, et je suis moi-même un oiseau de nuit. Quel bonheur de pouvoir manger dehors à 2h du matin parce qu’on est réveillé par un petit creux !

Aujourd’hui, tu parles couramment le coréen (que tu as d’ailleurs appris en autodidacte). J’aimerai savoir quel a véritablement été ton moteur et la raison de cet apprentissage acharné? 

Initialement, je suis venu en Corée avec un PVT. L’un de mes objectifs était de parler suffisamment bien coréen pour pouvoir y vivre tranquillement au quotidien. J’estime également qu’il s’agit d’une notion de respect essentielle. Je ne pouvais pas m’imaginer vivre dans un pays sans en maitriser un minimum la langue (attention je ne m’imposais pas de devenir bilingue en 1 an, je voulais surtout pouvoir communiquer un minimum).

Au tout début, je ne pensais pas rester plus d’un an en Corée, je dois l’avouer. Mais je me suis finalement pris d’affection pour le pays, et cet « amour » est devenu mon moteur pour apprendre le coréen (à coup de nuits blanches devant des livres de grammaire dans des coffee shops!). Si j’ai à ce point essayer de perfectionner mon niveau, c’est parce que je souhaitais rester ici plus longtemps. Et ça a payé!

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Peux-tu nous parler un peu de ton parcours dans le mannequinat et de son évolution ?

Ce parcours est tellement hasardeux… J’ai commencé quelques mois après mon arrivée en Corée. Un ami coréen m’a proposé un shooting photo pour un site internet (le genre de shooting « la redoute » que n’importe qui pourrait faire et qui sert avant tout à arrondir ses fins de mois XD).

Il s’avéra que ma partenaire de shooting était une mannequin professionnelle. En voyant que je semblais plutôt à l’aise devant l’objectif cette fille m’a suggéré à certaines agences qu’elle connaissait. Petit à petit, j’ai commencé à faire des shootings, puis de plus en plus fréquemment. Au tout début, il ne s’agissait que de petits shootings photos comme le premier, puis on a commencé à faire appel à moi pour des marques, puis des publicités, et également des événements en live (démonstrations de costumes sur une scène, dans la rue ou autre…). Voilà comment l’opportunité s’est offerte à moi, alors que je n’avais aucun de projet de carrière au départ.

Pense-tu que tu puisses percer dans ce milieu en Corée ?

Honnêtement, je n’en ai aucune idée ! En mon fort intérieur, je ne pense pas avoir de réelles chances de percer. Hormis mon niveau correct en coréen, je pense que mon physique reste plutôt banal… Je ne pense pas non plus être le profil idéal pour « représenter une image ». Je vois mes atouts ailleurs que dans une telle carrière. Mais pour l’instant, c’est une expérience que je trouve plaisante et enrichissante.

Qu’est-ce qui, selon toi, pourrais t’empêcher de faire carrière justement ?

Le fait que je n’en ai tout simplement pas l’envie ! Néanmoins, je dois avouer qu’une seule chose me donne tout de même envie de faire « carrière » et donc d’accéder à la popularité; c’est le fait de devenir un personnage public et d’avoir une audience relativement large. Pourquoi ? Simplement parce que j’aime faire passer des messages forts sur des sujets qui me tiennent à cœur, tels que les violences faites aux animaux. Mais je pense que je suis beaucoup trop virulent… ce qui massacrerait vite ma carrière si j’en avais une!

Pour le moment, ma position actuelle est vraiment idéale à mes yeux. Je ne suis pas un parfait inconnu, et donc je n’ai donc aucun mal à trouver du travail dans le milieu car les agences me connaissent. Mais je ne suis pas non plus sur le devant de la scène avec toute la pression, le stress, ce besoin d’avoir une image parfaite que peuvent subir certaines grosses personnalités . Et sincèrement,quand je sais tout ce que ça implique, ça ne me donne pas forcément envie…

Quel est le tournage qui a été le plus excitant de ta carrière jusqu’à présent ?

Pour être honnête, je n’ai jamais eu de tournage que je pourrais qualifier « d’excitant », mais disons que j’en ai eu de très plaisants ! Par exemple, celui que nous avons fait avec Nunaya pour Arirang TV m’avait beaucoup plus car nous avions visité des endroits bien sympas. Ça restera un d’excellent souvenir car nous étions très complices et nous avons beaucoup rigolé! Par la suite, j’ai eu un autre tournage de trois jours pour un gros spot destiné à promouvoir la Corée aux étrangers avec une autre amie modèle (et française elle aussi). Ce fut également un moment très agréable pour moi car je pouvais rester moi-même sans avoir l’obligation de suivre un script bidon, comme cela très souvent le cas à la TV coréenne…

Raconte-nous un souvenir pénible dans le cadre de ton travail ?

Hm… l’un de mes premiers shootings publicitaire a été particulièrement pénible puisqu’il se déroulait en plein hiver. Le shooting se passait en extérieur par environ -15°C et nous passions sans cesse des loges à l’extérieur, et ce durant 13h environ! Les membres du staff nous criaient de rester le plus naturels possible (avec autant de délicatesse qu’une ajumma  qui veut rentrer la première dans une rame de métro) et surtout de ne pas trembler malgré le fait que nous portions des pulls aussi épais que du papier à cigarette (ah oui, car la scène se passait au printemps donc il fallait des vêtements adéquats !). Bref, une longue journée qui s’est soldée par une belle grippe !

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As-tu eu l’occasion de rencontrer quelques célébrités dans le cadre de ton travail?

Oui. J’ai rencontré quelques stars duecinéma, des idols et pas mal de mannequins. Mais en toute sincérité, je ne saurais pas citer beaucoup de noms car je ne suis pas vraiment doué pour reconnaitre des célébrités. La plupart du temps, j’apprenais que la personne à coté de moi était célèbre par le staff ou par les autres mannequins qui posaient avec moi. Pas de gros scoop donc. Désolé!

Quels conseils donnerais-tu à un jeune homme qui veut suivre tes traces dans le mannequinat ?

Ne jamais croire les promesses d’une agence à 100% ! J’ai vite appris que ce milieu est très hypocrite. Beaucoup d’agents savent très bien faire des compliments à rallonge dans le simple but de vous « utiliser », puis il vous jetterons  lorsqu’ils auront trouvé mieux ailleurs. Ne soyez pas dupes!

Je conseillerai aussi de ne pas trop écouter son entourage coréen. Les coréens ont tendances à trouver tous les hommes occidentaux « beaux », mais dans la pratique, les clients vont souvent préférer un mannequin « local » à un mannequin étranger.  A moins (peut-être) d’être le nouveau Brad Pitt! Et encore…

Dans tous les cas, ne vous laissez pas marcher sur les pieds et ayez confiance en vous! C’est le meilleur moyen pour vous assurer le respect des  personnes avec qui vous travaillerez. Ne les laissez pas voir vos faiblesses.

Quels sont les visas que tu as utilisé pour cette activité et leurs conditions d’obtention?

J’ai d’abord eu un PVT (H1), puis un visa d’Entertainer (E6) et enfin un visa Short-Term Employment (C4) renouvelable tous les 3 mois

  • Pour le PVT, vous trouverez toutes les infos ici et sur le site pvtistes.net.
  • Pour le C4, rien de particulier mis à part la signature d’une agence « sponsor ».
  • Quant au E6, il est plus compliqué a obtenir car il faut déjà avoir des contrats en court pour des shootings/tournages qui vous « obligent » à rester en Corée plus de 3 mois.

Comme je sais que tu as à cœur d’encourager les gens à aller au bout de leurs rêves, aurais-tu envie de dire un petit mot à tous les passionnés d’Asie ou de Corée qui lisent ce témoignage ?

Si vous envisagez de venir en Corée et que vous en avez les moyens financiers, foncez ! Le PVT est un visa parfait pour découvrir le pays pendant un an et ce serait dommage de ne pas l’utiliser.

En revanche, pour toutes les personnes dont le rêve est de « se marier avec un(e) coréenne(e) », franchement, essayez de trouver un autre objectif un peu plus noble. Et je précise que je ne caricature pas, j’ai déjà lu ce genre de propos ici ou là sur le net.

Enfin, pour toutes les personnes qui espèrent un jour travailler ici, ou tout du moins y faire des études, ne vous laissez pas décourager par certaines personnes. J’ai déjà pu lire à gauche et à droite des messages bourrés de défaitisme qui semblaient n’avoir qu’un seul but ; décourager les gens de poursuivre leur rêve… Si vous vous donnez les moyens, que vous avez les bons diplômes (nous savons grâce à Nunaya qu’en Corée, un minimum de BAC+3 est préférable pour rester ici de manière durable), et que vous persévérez, rien ne vous empêchera d’y arriver ! La passion et la motivation ont été mes principaux moteurs et pour l’instant, ça ne va pas trop mal pour moi 😉

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions ! Je te souhaite beaucoup de bonheur et de réussite dans tes futurs projets !

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A propos de Nunaya 15 Articles
Diplômée en Communication et ancienne pvtiste, Nunaya a vécu au Japon et en Corée du Sud entre 2010 et 2015. Elle partage son expérience et sa philosophie de vie positive sur sa chaîne Youtube et son blog. Le message qu'elle veut faire passer est que nous sommes tous capables de construire une vie qui nous ressemble !

3 Comments

  1. Super interview très intéressante et çà m’a fait rêver quand j’ai lu tout ça continuer vos vidéos sur youtube je suis abonné à vos deux chaînes je vous adorent et je trouve çà hallucinant et incroyable d’avoir réussi à apprendre à parler coréen en autodidacte franchement chapo moi aussi de mon côté j’essaye;)

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